Exposition / Caravane(s)

Ecrit par Nicolas sur . Publié dans News

Des photographies extraites de la série Alès-Calan sont exposées à l’Atelier du Midi dans le cadre de l’exposition collectives intitulée Caravane(s).

Exposition soutenue par Marseille Provence 2013. ©Nicolas-Leblanc_La-Grand-Combe_03.2011D’après une idée originale de Patrick Ruet et de Malik Nejmi, été 2010

Caravanes les chiens aboient est une exposition collective à laquelle participent 53 art istes photographes, des photographes amateurs, des familles qui ont prêté leurs images de vacances.

Information pratiques :

L’exposition est ouverte tous les jours de 15h à 19h / du 1er juillet au 14 juillet 2013 et du 7 au 15 septembre 2013 / Le vernissage aura lieu le mardi 2 juillet 2013 à 19h00 sur la Place du sauvage, autour d’une caravane Notin de 1958

Commissaires associés de l’exposition : Laurence et Patrick Ruet, Sébastien Spicher

L’atelier du midi propose pour juillet et septembre 2013 une exposition photographique intitulée Caravane(s). Comment la photographie peut-elle appréhender ce sujet aux contours incertains, entre l’objet familier à plusieurs générations, et le sujet historique et immatériel d’une vague idée de l’Orient. La caravane est un objet de nostalgie, une ode à la vie : elle est notre madeleine, un lieu de la mémoire familiale. Mais, elle est aussi devenu le symptôme de la précarité. Caravane(s). est une exposition qui mêle une triple perspective historique, mémorielle et sociologique, construite comme un retable ou comme une caravane pliante.

Les objectifs de l’exposition sont de proposer une réflexion photographique autour d’un objet du 20ème siècle, lié à l’histoire de la photographie et des vacances, et à un détournement récent en habitat précaire. L’enjeu majeur est de réunir différents publics et différents auteurs / acteurs, entre professionnels de l’image et amateurs, pour créer des rencontres joyeuses, nostalgiques, poétiques, associées parfois à une dramaturgie humaine et sociale.

La triple perspective de l’exposition veut faire la lumière sur un paradoxe politique contemporain et le révéler par la photographie. La caravane est un habitat secondaire et éphémère. Le temps des vacances se constitue une petite utopie dans laquelle les contraintes de la vie courante semblent disparaitre pour laisser place à une existence légère et insouciante.

A l’échelle familiale, cette petite utopie se distingue par une temporalité simplifiée, recentrée autour de quelques moments forts comme la baignade, l’apéritif ou le barbecue. Les obligations et tensions s’évanouissent pour retrouver une vie presque primitive qui se joue autour de cette cabane-caravane. Chacun tente d’oublier que cette utopie est éphémère et que l’état de nature retrouvé n’est plus compatible avec le monde contemporain.

On voit à quel point l’habitat peut déterminer l’organisation sociale, entre utopie et république, la caravane, objet archaïsant, engendre une micro-société d’apparence plus égalitaire. Cet argumentaire fait cependant émerger une aporie concernant la caravane des mal-logés. Si la caravane est un lieu propice à l’égalité et aux valeurs républicaines comme nous venons de le montrer, pourquoi les mal-logés en caravane sont-ils en marge de notre république ? La caravane ne serait-elle tolérée et tolérable que pendant la période estivale ? La caravane subie est-elle une « verrue » de l’ensemble architectural français ? Autant de questions qui ne trouveront des réponses sociologiques et des solutions politiques.

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